A propos de "Pour ceux qui restent', une comédie de Pascal Elbé
La comédie de Pascal Elbé, "Pour ceux qui restent" que j'interpréte avec mes camarades du TDE, le Théâtre de l'Echange, m'a conduit à repenser en boucle au thème de cette pièce : l'amitié et la mort.
Les personnages, suite au décès de l'un de leurs amis, sont amenés à s'interroger sur leurs relations et sur celles qu'ils entretenaient avec le défunt.
Quelle est la nature exacte de nos relations avec les autres? Qui sommes-nous pour ceux que l'ont côtoie au fil des jours? Des copains, des connaissances, des "amis"? Quel est le sens que nous mettons derrière ces mots?
Il suffit d'y penser pour soudainement être envahi par une impression de vertige.
Tout ce que nous faisons, à quoi cela sert-il ?
Et le thème de la mort qui est le second thème de cette pièce est en lien direct avec le premier : puisque finalement nous mourrons tous, pourquoi continuer ?
Je vous laisse y répondre et vous invite à voir cette pièce dans différentes salles du Boulonnais, jusque fin novembre!
"Le plus difficile c'est pour ceux restent", écrit Pascal Elbé dans sa pièce. Le plus difficile c'est de se poser toutes ces questions. Ne pas penser rend plus heureux finalement ! Non?
Ou alors, contre la superficialité de nos relations avec l'autre, une attitude possible, celle du personnage défunt de la pièce, Antoine, qui laisse un message testament qui dit ceci : "Quand mes amis sont borgnes, je les regarde de profil".
http://www.youtube.com/watch?v=L-zDLylKqUU&feature=plcp
http://le-tde.blogspot.fr/2012/10/un-reportage-dopaltv-sur-le-tde.html
https://www.facebook.com/LeTheatreDeLechange
Réflexions... au fil de l'eau !
L'inspiration me vient d'un mot, d'une image que je perçois dans la rue, dans ma voiture, ou sous la douche!
Pas si fou qu'il n'y paraît de prime abord! Car, comme le rappelle, l'écrivain-essayiste Olivier Pourriol dans le Figaro Madame (toute lecture est enrichissante...la preuve!), l'eau entraîne "un relâchement de l'attention et permet à la conscience de se déployer sans avoir à y penser", c'est "l'effet hypnotique" de l'eau, "la caresse élémentaire, le rappel du bain amniotique".
Et de citer le philosophe Alain qui expliquait qu'il existe une manière "de ne pas arrêter sa pensée, de laisser son esprit tourner dans les mêmes cercles de mots sans les précipiter en phrases (...) La pensée retrouve alors sa nature éclair et son fond d'orage".
La conteuse et animatrice à la bibliothèque de Bazinghen, Aurore David, lira quelques textes de mon blog, le 22 août, lors d'une balade guidée contée au Mont de Couple en Terre des Deux Caps.
Découvrez aussi mes deux premiers recueils publiés à la Société Académique du Boulonnais
Découvrez mes deux premiers recueils édités par la Société Académique du Boulonnais et illustrés par le peintre boulonnais Michel Chemin!
"Amour, ciel et mer" de 2000, Médaille d'or de l'Académie internationale de Lutèce
"Etats d'âme" de 2005.


"Mémoire d'Opale", l'histoire des ports de la Côte d'Opale
"Boulogne-sur-Mer"
Boulogne, c’est avant tout un port.
Nul ne peut oublier le passé,
il a forgé son histoire.
Des hommes, des femmes ont sans cesse travaillé
à le reconstruire, sans ménager leurs efforts
bien avant l’an 1000.
Toujours en gardant l’espoir.
Qu’ils soient empereurs, rois ou tyrans,
leurs empreintes sont gravées dans la pierre.
Leurs rêves et leur folie ont résisté au temps.
Britannique ou germanique,
l’envahisseur tyrannique
a porté des générations de Boulonnais en terre.
Boulogne, la fière, la battante.
Boulogne, la résistante.
Remparts et cathédrale ont gardé sa mémoire.
La course au pouvoir
et l’avidité
n’ont pas eu raison de cette cité !
Poisson roi
Tu débordes dans les cales.
Tu nourris Paris et ses halles.
Dans le noir et le froid,
nos marins ont gardé la foi.
Le sel de la mer
c’est le sel de la vie.
Il nous garde en vie.
On le vénère.
On le garde près de nous,
comme le corps de nos époux.
L’appel du grand large
est plus fort que la tempête,
plus fort que ma barge,
plus fort que toutes les raisons de la Terre.
Et je m’entête
et j’en suis fier
à prendre la mer
en bravant tous ses mystères.
“ César ”
Cette mer d’Opale
portera mes vaisseaux.
Cette belle rebelle
aux reflets argentés,
je la dominerai.
Qu’importe la colère des eaux
l’heure du combat a sonné.
Navires à l’horizon
se dessinent à grands traits.
Ma flotte va de l’avant.
Mes rêves sont si grands.
A tort ou à raison,
Je veux la fière Albion.
Gésoriacum la romaine
mes cohortes ont couvert ce pays.
Un pont jeté vers cette île lointaine.
Morins,
vous luttez en vain,
mon empire est ici !
Je suis empereur des romains,
la Gaule est ma conquête,
ma fierté et mon chemin
vers la gloire !
Mon entrée dans l’Histoire !
Demain, sera un jour de fête.
Une victoire bientôt me couronnera.
Cette île sera mienne
et romaine.
Légionnaires ! Que ma volonté soit faite !
Rien ne pourra
contrarier ma joie !
"Godefroy"
Notre-Dame, Vierge nautonière,
souvent je pense à toi, loin de ma cité !
Tous les rois s’inclineront pour une prière
devant ta majesté !
Tu brilles dans nos cœurs
tel l’oripeau
sur le dos
de tes serviteurs.
Des oriflammes
flottent sur les murailles
de nos châteaux.
J’ai la force des chevaux,
J’ai la foi des croisés,
Je trancherai
le cou des Sarrasins,
au nom de tous les saints.
Mon cœur s’enflamme,
je sens au fond de mes entrailles
battre en moi, au milieu de la nuit,
le cœur de mes ennemis.
Comtesse Ide
ma mère,
Je pars en croisade pour Jérusalem,
priez pour moi qui vous aime.
La route est longue sur terre et en mer.
Dieu soit mon guide !
Je voudrais percer
le secret
des nuages,
le langage
des étoiles.
Je voudrais lire
lire mon avenir
avant…. de mourir.
Je suis animé d’un esprit de justice et de paix
comme vous, je le sais.
Ils sont nombreux,
ils sont cruels
les infidèles.
Avec mon épée
dans ce pays à évangéliser,
j’emporte avec moi
mon amour de vous et ma foi.
“ La Guerre de 100 ans ”
On se souviendra longtemps
des six bourgeois.
La corde au cou, les pieds nus,
ils se sont rendus
à l’Anglais,
pour sauver
l’habitant.
Les six bourgeois de Calais,
leur noble sacrifice
en bronze,
par Rodin
a été immortalisé.
Elle a fait des ravages
le long de nos plages.
Longue et cruelle
presque éternelle
fut la guerre de cent ans.
Oubliées les intrigues, les villes assiégées.
Les soudards désarmés
ont fini
de piller.
Les Anglais
sont partis.
Manants
et nobles gens
ont retrouvé
la paix.
Avant les pourparlers
qui ont conduit à la paix,
que du malheur,
que des horreurs
vécues pour rien,
ont déchiré en vain
tout un pays.
Séparés de leur familles, ce sont les innocents
qui paient toujours
un lourd
tribut… à l’ennemi.
On se souviendra
du courageux mayeur boulonnais
et des bourgeois téméraires
qui refusèrent de capituler,
d’une seule voix
face au roi d’Angleterre.
“ Bucaille ”
Hardis compagnons !
voyez l’anglais, maître des mers,
notre ennemi héréditaire.
Nous allons couvrir de sang
le gaillard d’avant
de leur ponton.
Pour l’or et les bijoux,
aussi chers à nos yeux
que les épices, le vin et le thé,
Corsaires soyez prêts !
Ce butin n’est pas pour eux.
On file, on file vers l’aventure !
Hauts les cœurs, hauts les cœurs !
En gonflant toute la voilure
on passe à l’abordage dans une clameur.
Fiers, fiers sont les matelots !
Aux quatre points cardinaux !
Sur notre voilier porté par le vent.
Mais il est si grand l’océan,
que parfois je me demande si demain,
il y aura… un lendemain.
Redoutés, adulés,
vers notre destinée
nous filons.
Bucaille ou Jean Bart,
nous sommes les rois de la course,
avides de fortune et de gloire,
sur ordre nous pillons, nous sabordons
sous le regard de la Grande Ourse.
Le ciel est notre guide.
L’horizon trace des sillons
pour regagner la côte.
Aussi loin que possible nous irons,
portés par les vagues les plus hautes,
mais c’est le vent ici qui décide !
“ Napoléon ”
Mes rêves de bonheur, d’amour et de paix
s’éveillent quand Joséphine me sourit.
Je garde le parfum de ses baisers
jusqu’au fond de mon lit.
Mes rêves de conquête sont des rêves de liberté
et d’égalité.
Ils forgeront mon empire.
Grognards, appelez-moi sire !
Jour et nuit
j’écris
pour donner à la France
éclat et puissance.
Je trace des plans pour franchir la Manche.
Destination l’Angleterre pour la revanche !
Nelson nous a défiés,
par deux fois humiliés.
Lattouche-Tréville lui a fait
mettre pied à terre,
entrevoir les portes de l’enfer.
Fallait pas nous livrer bataille,
Angleterre, ta marine est prise en tenaille.
Tout est prêt.
A mon signal
l’invasion peut commencer.
Mais où est Villeneuve, mon amiral ?
Le temps s’écoule si vite en guerre.
La menace pèse déjà
aux frontières.
Je me sens si las.
Une nouvelle coalition s’est encore formée,
mais je reviendrai !
“ Je suis un marin en sursis ”
Maîtresse peu fidèle
la mer peut être mortelle.
Dans cette profonde nuit austère
sous un ciel en colère,
je cherche ma bonne étoile,
je te salue Marie en hissant les voiles !
Sainte Vierge, dis-moi comment vaincre ma peur ?
Je sens la présence des armées de la mort.
Au secours, j’ai besoin de renfort.
Dis-moi si j’avais raison de croire
en cet empereur aux rêves de grandeur.
La mer comme un grand miroir
me renvoie le masque de la peur.
Cornes de brume
font frissonner les âmes.
C’est un appel du ciel
pour des voyages lointains.
Sous ce dôme étoilé
au milieu des bateaux qui s’enflamment,
j’attendrai
un signe du ciel
jusqu’au petit matin.
J’aimerais revoir Muriel.
Esclave du vent et
des fureurs de la mer,
je sens mon corps glacé.
La peur embrume mes pensées.
je ne suis pas très fier
sur cette frêle embarcation.
Comme une lame de fond,
le parfum des embruns
emporte mon chagrin.
Pourquoi tout ce sang sur le pont
et sur mon cou ?
Une vague de dégoût
fait chavirer et mon cœur et ma raison !
Pourquoi cette folie meurtrière
sur une mer en colère ?
Non, la mer n’est pas belle.
Elle est cruelle quand elle
nous arrache à ceux qu’on aime.
Sur le champ de ma douleur
où ma raison s’égare,
mon heure
est arrivée.
Je t’aime !
Après tant de fureur et de sang,
j’ai souvent vu l’ombre de la mort.
Mais dans mon cœur bat
encore la vie.
Seul face à l’océan,
Ici bas,
je suis un marin en sursis
que la mort
appelle à cor et à cris.
“ Mariette Pacha ”
Tu étais grand,
tu étais fort
comme un lion.
Successeur de Champollion,
tu as rendu à l’Egypte
son trésor,
son passé glorieux
sans jamais oublier
la ville qui t’a vu naître.
De tes chantiers
sont sorties
tombes et momies.
De ta plume s’est joué
Aïda,
magnifique opéra.
Tu t’appelles Mariette.
Un enfant du pays
à qui l’aventure a souri.
Répondants et amulettes
étaient ta raison d’être.
Auguste tu l’étais,
dans ce sable que tu creusais
pendant tes fouilles lointaines
pour révéler l’Egypte ancienne.
Elles sont belles et mystérieuses
ces pyramides qui touchent le ciel.
Elles sont majestueuses
et parfois tueuses.
Reines et rois
combien de fois
leurs sépultures antiques
aux trésors mirifiques
t’ont dévoilé
leurs secrets.
“ 1900 ”
Sous cette ombrelle
tu es la plus belle,
effrontément la plus belle,
un astre qui brille dans le noir.
Elle couvre ton visage
là, sur cette plage,
à l’aube de notre histoire.
Arrête de me fuir.
Laisse ton parfum m’envahir,
comme une habitude.
Pour moi est venue l’heure.
Ouvre-moi ton cœur,
et brise… ma solitude !
Train à vapeur et tramway,
Boulogne tu resplendis.
La belle société
se plaît
à venir ici.
Ta plage a tant de vertus
et moi je n’ai pas encore tout vu.
C’est le temps des bains de mer,
des traversées sur les steamers
pour gagner l’Angleterre.
Tout est bleu autour de moi,
ma vraie richesse est-ce toi ?
Dis-moi
si je dois croire en ton amour.
Dis-moi
si tu m’aimeras pour toujours.
Au milieu de tous ces notables,
quand je vois ton corps
ruisselant de bijoux et d’or
onduler sur le sable,
je sens brûler en moi
un feu de joie.
“ 14-18 ”
Armée allemande,
Casques à pointe et uniformes rutilants.
La guerre de tranchée s’est creusée.
De boue et de sang
mes cauchemars sont hantés.
Mes nuits sont peuplées
d’ombres obsédantes.
Oubliés bals, concerts et bains iodés.
Chaque jour, c’est la vie
qu’on essaie de garder.
Ailleurs, c’est comme ici.
Terreur, terreur, malheur !
Mon pays a mal en plein cœur !
Il porte un habit de douleur.
Je voudrais le consoler,
lui redonner le courage d’espérer.
Voyez ce matin gris,
sa tristesse et sa mine défaite.
Comment ne pas hériter de sa monotonie.
Comment ne pas penser à la défaite.
De la pluie je n’attends que les couleurs de l‘arc-en-ciel,
de la mitraille je n’attends que le silence d’une mort éternelle.
Je ne peux pas panser toutes les blessures
de cette horrible guerre,
c’est sûr.
Quand cessera ce vacarme sur terre ?
Il faut que la raison l’emporte sur l’horreur….
Je voudrais sortir du fracas des obus,
de la faim, de la peur,
trouver une issue.
Ne pas faiblir,
Ne pas faillir.
Rester droit, aller de l’avant.
Rester en vie tout simplement !
S’opposer à l’oppresseur.
A l’unisson,
clamer sans peur
notre détermination.
“ La lettre amoureuse ”
Pourquoi cherches-tu la mort ?
J’attends tout de toi et tu pars !
J’ai le cœur trop plein d’amour.
Un cœur lourd
comme une valise sur le départ.
Que vaut ma vie en partage à tes yeux ?
Dis-moi ce que tu veux ?
Ne pars pas d’ici,
ce combat n’est pas le tien.
Mon amour vaut bien
celui de la patrie.
Ton absence me laisse vide,
abandonnée, triste et livide.
Mes larmes ont-elles moins de prix
que le sang de tes ennemis.
Regarde-moi
Je suis prête à engager ce combat !
L’aiguille du cadran
marque le temps qui passe,
inexorablement.
Ne me demande pas de t’aimer
au-dessus de mes moyens.
Je suis une femme
en désespoir
qui recherche une flamme,
juste une lueur d’espoir.
“ Dans les tranchées ”
Dans ce trou béant,
J’ouvre les pages
de ma vie, en grand.
Je dessine ton visage.
Je relis tout haut
ces mots
qui me consolaient
et auxquels je m’accroche désormais.
Dans ce trou béant,
il n’y a pas d’avenir,
qu’un simple espoir
de te revoir.
Il n’existe que le présent,
et ton pâle souvenir.
Seul, je reste seul,
avec mes camarades… morts
et mes idées noires.
Je voudrais entendre ta voix
me dire de revenir.
Je voudrais t’entendre
me dire des mots tendres.
Dans ce trou béant,
il n’y a que le feu et le sang,
la mitraille
et la faim qui me tenaille.
Le froid et la pluie
qui me transpercent la peau.
Je vais finir ici
entre ciel et caniveau.
J’aurais tant aimé
revoir un peu de ciel bleu, de soleil
J’aurais tant aimé
un peu de paix avant le grand sommeil.
J’aurais tant aimé
entendre le son d’une rivière
le chant des oiseaux et celui de la mer.
"39-45"
Amour de bord de mer
a ce matin un goût amer.
Demain, je prends le large
sur une barge.
En pointillé dans ta vie,
je chercherai ma place.
Pour oublier la guerre d’ici,
ton amour sera mon audace,
ma force, ma raison d’être,
mon espoir peut-être.
Vibrer,
aimer,
rêver,
il n’y a que ça de vrai !
Sur la pointe des pieds
elle s’est dressée,
sur mon visage mal rasé
a déposé un baiser
et puis... s’en est allée.
Que la lumière efface la nuit,
que la nuit m’accorde le répit,
m’apporte le pardon et le réconfort
pour ceux qui, sur ce port,
m’ont arraché l’amour de ma vie.
Qu’enfin la paix vaille plus que la mort,
qu’un chant d’amour trouve sa place
dans le cœur de chacun.
Que Dieu lui prête vie, force et audace.
Que dans nos rêves nous ne soyons plus qu’un !
La nuit soupirante
me renvoie ton image.
J’écoute la respiration de la mer si sage
et je retiens mon souffle dans la tourmente.
“ Guerre ”
Une guerre n’a pas suffi.
Les hommes n’ont pas fini
de regarder le ciel torturé,
de pleurer leurs amours déchirées,
de tuer
dans la haine
et la peine.
Laissez-moi briser les chaînes,
exhorter l’amour plutôt que la haine,
embrasser cette terre
qui m’a vue naître,
et où je vais disparaître,
humble et solitaire.
Ce n’est pas mon destin !
J’attends un signe
qui me délivrera enfin
avant d’entrer digne
dans le silence des pierres
et des cathédrales de lumière.
Est-ce une punition, mon fardeau ?
Ma viea échoué,
sur lebord d’un cours d’eau.
Je voudrais m’envoler
comme l’oiseau,
planer au-dessus des flots
et gagner
ma liberté !
“ Déportation ”
Pour eux, la vie s’enflamme
dans ce long train sans fin,
dans ces rames
des monstres de l’enfer.
Déjà morts de peur et de faim,
Ils ont croisé les suppôts de Lucifer.
Des visages tristes par milliers.
Epoux et enfants séparés.
La mort en forme d’étoile
accrochée sur le cœur,
va emporter avant l’heure
des familles innocentes
victimes d’un fou de guerre.
Pauvre humanité !
qu’as-tu fait ?
Affamés, décharnés,
réduits en poussière.
Pauvre humanité !
Ces charniers sont
l’œuvre d’un démon.
Pauvre humanité !
Pour l’éternité
Convois inhumains
sans lendemain.
Familles effacées
du tableau de la vie.
Vies déchirées,
Mémoire jaunie
n’oublie jamais
les enfants sacrifiés.
Charniers, charniers,
Ces mots me font trembler.
La triste vérité.
Et toujours ces mêmes visages décharnés,
ces trains sans retour.
Dans ma tête encore et toujours.
“ La mer ”
Hommes et femmes,
ouvrières et pêcheurs
sont au labeur.
Sur la mer ou dans le port
sont aussi forts.
De belles âmes
qui se fiancent et puis meurent.
Des rires et des pleurs
tracent les sillons
d’une vie de dévotion.
Marie, tu connais le prix de la vie.
Marie protège nos maris.
Nos prières s’élèvent vers ce calvaire
qui raconte nos morts
à la sortiedu port.
Marie, protège tes enfants,
partis par grand vent,
pour une longue marée solitaire.
Premier port de pêche.
Mon bateau file sur l’eau
comme une flèche.
Zabelle, quand tu chantes l’espoir,
C’est Boulogne qui trouve sa voix.
Tu tournes les pages de notre histoire,
belle et mouvementée à la fois.
La mer toujours belle,
la mer qui se rebelle.
La mer, difficile à dompter.
Abîmes de l’enfer
ou havre de paix.
Que de romans,
de grands
voyages imaginaires.
La mer,
ce grand mystère.
FIN
Le blog de poésie de Philippe Harbart : la presse en parle!
La Semaine dans le Boulonnais a consacré un article au blog de Philippe Harbart :
http://www.lasemainedansleboulonnais.fr/actualite/Sortir/Culture/article_1510414.shtml
La Voix du Nord a rédigé un écho dans le cadre du Printemps des poètes 2012
"Introspective", le 3e recueil de poésie de Philippe Harbart
Ma ville repose
assommée par le froid,
figée dans le silence,
presque engourdie.
Des pierres des vieilles enceintes
transpirent les souvenirs du passé.
Toitures, clochers,
jeunes et vieilles
façades ornées de cheminées
dessinent,
depuis mon enfance,
une image familière
et rassurante.
Un petit tout
dans un grand vide.
Toujours seul
Il y a du divin
en chacun de nous!
Ne dit-on pas
miracle de la naissance?
Tout commence en boule,
Tout finit à l’horizontal.
Un parcours, juste un chemin,
aléatoire.
Un début et une fin.
Entre petits bonheurs
et grands tourments,
seul
face au monde,
avec la répétition à l’envi
de cette petite vie d’ici,
la nôtre, celle des autres,
celle qui fait toujours envie!
Il doit donc bien y avoir un dessein
ultime
qui explique
la fin
brutale
de notre courte histoire.
Loin dans le firmament
aux confins des étoiles,
reste accrochée la vérité
toute nue...
Celle de nos origines,
inconnue.
Celle qui nous questionne
sans cesse.
Cette vérité
attendue.
Dure réalité
Une faible lueur accroche à l'obscurité
ses rayons de pauvreté.
Les mots se taisent quand
les couleurs se mettent à parler.
L'horizon des jours est élimé.
Ombres et silhouettes se mêlent
aux vapeurs maussades
d'un tourbillon d'odeurs
qui montent à la tête.
La nuit rend toujours rêveur.
Par de flous mouvements d'air
aromatiques et mystiques,
sous la chaleur anesthésiante de l'été,
de vertigineuses pensées surgissent alors,
autant d'inaccessibles réalités,
d'impossibles vies parallèles à endosser.
Des mots frappés sur l'enclume du bon sens
nous rappellent sans cesse
l'amère réalité de nos vies.
Les eaux sont sales
ce matin
comme mon vague à l’âme.
Pourtant, il y a des matins
qui sentent le bonheur.
En regardant les reflets huileux
d’une mer trop sage,
je pense
à tous ces romans écrits que l’on ne lira jamais,
à tous ces spectacles évanouis,
à ces pages d’histoire oubliées…
Pourquoi faire ainsi transpirer sa pensée ?
Pourquoi ces mots surgis de soi
que l’on charrie par l’encre jusqu'au papier ?
Pour qui ?
L’écriture est un alibi :
je vis puisque j’écris.
L’écriture est une excuse :
je ne peux rien changer au monde, mais je l’écris !
L'écriture est une thérapie :
je suis malade de vivre et je vous l’écris.
J’essaie de rendre ma vie plus acceptable.
Pourquoi cette vie déjà morte
les yeux à peine ouverts ?
Quelle espérance dans un au-delà
de croyance ?
Quelle est cette lumière qui me fera oublier
les eaux sales
de ce matin…
Arrêtez d'effacer le bas du tableau,
C'est ma vie que vous balayez!
Ces mots qui disparaissent
c'est l'alphabet du passé
de cette histoire
qui ne se réécrit pas.
Je voudrais
traverser l’épaisseur des mots,
sortir de ce voyage avec des romans
déjà écrits,
pour exister,
pour dire non
au néant,
Partout du bleu, du vert,
des gesticulations d'êtres
plus ou moins
vivants.
Le jour qui succède
à la nuit.
Rien de bien original,
rien que la vie au quotidien.
Je voudrais
fuir ce vaste théâtre,
cette vie où les gens
jouent à exister
autour de la Terre,
caresser du bout des doigts
l’infinie douceur des mots,
effleurer l'inaccessible,
ne pas être
une histoire de papier
chiffonnée
une fois consommée.
Je voudrais
m’allonger dans un pré,
tout près
de la rivière musicienne,
sentir tous les parfums,
voyager sur tous les continents,
me mélanger aux couleurs primaires
entre ciel et terre,
et sans états d’âme.
Puisque regarder
c'est déjà posséder...
Regarder les oiseaux,
écouter le ciel,
sentir les parfums d’herbe et de fleurs,
fixer dans sa mémoire la lumière des belles matinées d’hiver,
ne retenir que la progression du vent dans les arbres,
passer la main sur des murs de galets,
sentir les embruns, les livres neufs, le pain frais,
se laisser envahir par cette béatitude,
par le rêve ouaté d’un bonheur fugitif,
se contenter de la surface des choses,
et tout oublier.
Que dire au temps qui passe, sinon d'arrêter son chemin?
Regardez ce monde qui suit une route infinie.
La lumière des étoiles
contraste avec la pâleur
de l’humanité.
Ombres fleuries,
majestés d’autrefois,
le parfum des vieilles pierres
a sur moi
l’enchantement des prières.
Tombe l'ennui
sur un cœur amaigri.
Il pleut à perdre toute envie.
Point de tristesse vagabonde pourtant !
Ni d'échouage lointain sur une terre inconnue.
Juste un besoin de perdre son temps.
Perdre son temps à rêver....
Rêver à d'autres vies,
hors du temps imparti !
J'ai dans la tête
une armée à la charge
dans un combat
perdu d'avance.
Et l'écho des tombeaux
qui résonne dans ma tête
frappe ma conscience éveillée.
Toutes ces routes traversées,
ces trottoirs empruntés…
ne garderont aucun souvenir
de mes pas,
Tous ces visages croisés,
ne garderont pas mon nom
dans leur mémoire.
Et cet univers infini
qui nous entoure,
gardera-t-il le souvenir
de mes pensées ?
Ne suis-je qu'un visiteur temporel?
Souvent la peur
m’a volé des instants de bonheur.
Ma tête est une machine à remonter le temps
qui déraille trop souvent.
Je cherche de nouveaux accords
à ma vie désenchantée.
Ma solitude a trouvé à qui parler,
quand l’incompréhensible du monde
vient me poser un tas de questions
sans réponses
sur notre terre trop ronde.
Pas de bonheur béat
ici-bas !
Tout se construit
jour et nuit.
Tout se mérite aussi
jour après jour.
Alors,
Il faut s'ouvrir les yeux
comme on s'ouvre les veines,
pour se forcer
à voir le monde
autrement.
Repousser les frontières
du visible.
En finir avec les illusions,
les visions en demi-lune.
Payer un peu de sa vie
le droit d'exister autrement
Quel est ce je
qui ne parle que de moi ?
Apprendre à aimer
c’est accepter le nous.
On n’arrive plus à bien s’aimer
entre sms et e-mail.
On écrit à la hauteur de ses pensées.
C'est tout dire!
On vit en raccourcis,
en codes et abréviations.
Mais Dieu merci,
l'épaisseur de la pensée
ne se mesure pas
au nombre de pages
sur la Toile.
Murs peints de graffitis.
Véhicules couverts d’écritures.
Sur les couleurs de la ville
je roule à perdre haleine.
Sur toutes ces plaines immenses
qui parlent de nos errances lointaines
se perd ma peine.
Parle-moi de ces jours évanouis,
de ces rêves inachevés.
Je veux tout savoir de toi,
Le vécu et le rêvé.
Au-delà du miroir des flots bleus,
je vois ton beau visage
et mon cœur qui s’emballe
bat à l’unisson du concert des étoiles.
Dis-moi si les jours de pluie,
tes yeux comptent le temps
qui s’écoule à ma fenêtre ?
Dis-moi encore que tu m’aimes,
comme on aime pour la vie.
Je suis tout émietté,
sans dessus dessous.
Tu as causé en moi
un sacré remue-ménage
qui m'oblige
à faire le ménage
dans ma vie.
J’ai dans le cœur
une douleur
qui me rappelle
les jours
de tes absences.
Bouche contre bouche,
Seins contre seins.
Fulgurances des étreintes,
chaleurs intimes dans nos corps.
Attention, effusion des sens.
Le corps est en fusion.
Aussi fluide que le bateau sur l'onde,
dans la lumière jaune du soir,
l'amour est un parfum
qui ondule et imprègne.
Une douceur qui nous enveloppe
et nous rapproche du ciel.
Garder un cap.
Celui de ses yeux.
Suivre son sourire,
le son de sa voix,
de son rire,
comme seul guide
dans ce monde troublé.
Ne croire qu'à cette vérité du cœur,
à cet amour partagé,
fidèle et complice.
Solide comme un océan sans fin,
un espace infini.
Deux êtres unis,
quelle plus belle réponse
à l'incompréhensible du monde?
Depuis votre naissance,
je note toute votre vie.
Je note tout pour tenter de fixer
l'érosion des jours,
la perte des souvenirs.
Je note
toutes vos premières fois.
Notes du quotidien,
Notes à part,
notes aimables et fruitées,
notes acidulées et notes plus salées.
Notes sans musique
dans ce monde désaccordé.
Et surtout, je fuis vos photos d'hier,
la douleur à l'idée de ce temps révolu.
Regrets
amers
de ces joies
de l'enfance
évanouie.
Sur fond montagneux,
des accolades nuageuses
me donnent des envies d'altitude.
Pour prendre le meilleur ici bas,
pour prendre de la hauteur,
pour arracher au ciel une promesse d'éternité.
Côté hiver, côté été,
paysages à double face.
vert pâture et bleu azur,
on mesure ici l'immensité du monde
et la petitesse de l'humanité.
Blanc comme neige,
innocent et blanc,
tout blanc,
presque absent.
Pour la première fois de l'An
un blanc manteau
a recouvert
villes et campagne.
Mais trop vite
la salissure vient noircir
ce que le ciel
a laissé choir
en toute innocence
pour nous laisser
mélancolique.
Histoire de nous rappeler
que rien n'est
ni tout blanc
ni tout noir.
Qu'il ne faut en vouloir
ni aux matins blancs
ni aux soirs si noirs.
C'est notre vie
en noir et blanc.
Tout simplement.
Mélange de parfums dans l'air ambiant.
Des enfants accrochés à leurs parents
ont étrangement oublié de crier, pour une fois.
Geste de femme,
Parfum sucré,
mordoré.
Regrets éternels,
enrubannés
d'une vie échappée.
L'image de la mer devant soi,
sous un ciel bleu.
La chaleur du soleil sur sa peau.
L'étalement des richesses et des corps.
Des souvenirs plein les nuages
et des regrets éternels
comme des bleus
au cœur.
Je suis un étranger dans cette fête.
Cette joie partagée
ne me concerne pas.
Quand la musique crie,
serviettes de couleur
dansent sur la table
bien mise.
Et quand le désordre
sur la nappe a gagné
la bataille,
un grand vide s'empare
de l'esprit,
les démons s'évanouissent
et la nuit l'emporte
enfin.
On se souvient
de ses vingt ans
le coeur
en écharpe.
Mais à vingt ans on n'est pas beau,
on est tout simplement jeune.
Il n'y a là
aucun mérite.
Rester jeune
réclame bien plus d'efforts.
Aller au bout de soi est déjà
une forme d'éternité...
Et Dieu sait que ce n'est pas grand'chose!
Le travail quotidien
comme seule raison de vivre?
Superficialité de nos existences
nourries de faits divers,
de publicités,
de mode,
pour ressembler
coûte que coûte
au moule d'aujourd'hui.
Autant d'amputations
de sa propre réalité,
désincarnée.
Guerriers de l’horreur,
guerriers aveugles.
Fous de Dieu.
Fous tout court.
Apprenez
les leçons de l’histoire.
Les guerres, les ruines
et les morts
ne conduisent
qu’à la guerre,
à la ruine
et à la mort.
Pour que cesse
cette hémorragie
planétaire,
est-ce si difficile
d’ouvrir son cœur,
de baisser
les glaives de la colère,
de retrouver
la raison
et la paix ?
Ils ont des yeux tristes,
hagards, qui se portent
vers d’autres rivages.
Parqués dans un hangar,
avec leur rêve de liberté.
Mais ici, l’asile semble une prison.
Dites-leur qu’ils ont eu raison
de garder l’espoir
d’une vie meilleure,
loin de l’intolérance
et des persécutions.
Comment changer le monde,
lui donner la couleur de la paix et de l'amour?
Comment rayer d’un trait d’humanité
la violence du quotidien ?
Comment apporter un concentré de féminité à la rugosité du monde,
courir vers l’infini le cœur nu et sans regret…
parler vrai ?
On crève de ne pas dire ce que l’on fait
et de ne pas faire ce que l'on dit!
Comme un murmure
le bruit sourd des gens
pas si loin.
Et moi,
immobile,
à l'écoute
de toutes des choses
qui nous entourent.
Sans prise sur elles.
Ces choses à faire
ou à défaire.
Que des petites choses
qui nous gâchent la vie!
Un nouveau blog de poésie contemporaine!
Je vous propose de partir à la découverte de mon 3e recueil de poésie, Intitulé "introspectif" ... en esperant toucheur Votre coeur et âme Votre.
Après la publication de "Amour, Ciel et Mer" en 2000 (médaille d'or de l ' Académie Internationale de Lutèce 2001 et Prix Spécial du Jury) et de "Etats d'âme" en 2005, édités à la Société Académique du Boulonnais , voici un 3e opus, en une version numérique.
Pourquoi utiliser le mode de l'introspection? Le poète écrit "je" en pensant "nous". "Il explore la vérité", écrivait Apollinaire, j'ajouterais, il explore la réalité aussi. Et ce depuis l'apparition du verslibrisme, conçu du temps du symbolisme, à la Belle Epoque. Un courant qui a libéré le poète du carcan du syllabisme et de la rime pour préférer les associations de mots et d'idées. Les poètes d'aujourd'hui veulent vivre et dire ce qu'ils vivent, directement, simplement, intimement.
M'interrogeant toujours sur notre condition humaine, j'observe aussi le quotidien. Sans prétention aucune. J'apporte une modeste contribution à l'écriture poétique. Ce qui m'intéresse c'est la liberté de ton, de création, de rédaction de ce genre littéraire. J'aime jouer avec la musicalité des mots. Mon but est juste de susciter une émotion, une réaction, une réflexion peut-être sur différents sujets qui me touchent : le sens de la vie, de la mort bien sûr, mais aussi l'amour, la famille, sans oublier les nouvelles technologies, les questions d'immigration...».
Ce 3e opus intitulé « Introspective » est suivi de « Mémoire d'Opale », une évocation poétique de l'histoire de notre Côte d'Opale au travers de ses grands personnages et des grands événements qui ont forgé ce territoire.
J'avais au départ l'idée d'écrire les chansons d'une comédie musicale à l'échelle Côte d'Opale. J'ai commencé à y travailler avec Jean-Michel Fournier (alias Michel Mully) et Philippe Gambard. Mais, face à la difficulté de monter une telle production, j'ai choisi de livrer les textes sans musique...
/image%2F0959565%2F20260731%2Fob_eb1012_img-20251114-151426.jpg)
